Editorial

Pascal BOEY, Président

L’année 2018 a été faite de désillusions. Et si gouverner c’est prévoir, encore faut-il que les Administrateurs des Sociétés mères disposent d’engagements fiables.

Il y a un an, le PMU s’était engagé sur un reversement de 803 M€ à la filière. C’est donc sur cette base que les Sociétés mères avaient établi leurs budgets validés par l’État. Finalement, le PMU ne versera que 780 M€ en 2018 et seulement 747 M€ en 2019 contraignant LeTROT et France Galop à boucler leurs budgets 2018 et établir ceux de 2019 avec 79 M€ en moins.

Si les réserves financières, constituées à cet effet par Le Trot entre 1997 et 2012 ont permis de maintenir le montant des allocations jusqu’en 2018 au seul profit des socioprofessionnels et ce malgré la baisse des enjeux depuis 2012, Le TROT a dû réaliser 35 M€ d’économies pour l’année 2019 et s’est donc trouvé dans l’obligation de réduire les allocations de 26 M€ cette année afin de respecter l’engagement de retour à l’équilibre budgétaire, pris en 2017 envers l’État, dans le cadre du plan de pérennisation de la filière des courses au trot.

Les Propriétaires voient ainsi une nouvelle fois le prix de leur passion atteint et ne pourront supporter davantage d'être la principale variable d'ajustement budgétaire. Et si l’on veut que les propriétaires, l’un des deux piliers fondamentaux, avec les parieurs, du financement de l’Institution, ne soient pas une espèce en voie de disparition, il faut leur accorder aussi plus de considération et de respect.

Les socioprofessionnels ne pourront supporter une telle baisse sans difficultés financières pour nombre d’entre eux. Comme tous chefs d’entreprises ils ont besoin d’une visibilité financière claire pour envisager leurs investissements à venir.

Au cours des six dernières années, nous nous sommes laissé bercer et endormir par des projections trop optimistes de notre opérateur. Après une telle déconvenue, il faut en tirer les leçons. Et comme j’ai eu l’occasion de le dire au dernier Comité du Trot, ces errements du passé posent un problème de confiance en l’avenir. Nos nouveaux dirigeants du PMU réussiront-ils à relancer le pari hippique, là où leurs prédécesseurs ont échoué, à plus forte raison avec une politique radicalement opposée ?


L’année 2019 est en effet une année de rupture avec la politique précédente, celle de l’augmentation de l’offre des courses. La stratégie de relance du PMU étalée sur 3 ans, repose sur trois axes :

La rétention, via l’empathie pour les parieurs et les titulaires, avec l’ambition de reconstruire de vraies masses d’enjeux, de réduire les paris par course et de proposer un calendrier allégé ;

La conversion, qui doit permettre de capter et de recruter de nouveaux parieurs en adoptant notamment les codes du sport moderne, en investissant sur le recrutement en hippodrome et en modernisant les points de vente ;

La conquête, qui doit permettre de replacer l’hippisme dans le quotidien des français en investissant sur l’image et l’innovation.

Mais l’enjeu vital de l’institution est de retrouver une attractivité élevée des courses et des paris pour assurer la pérennité financière de la filière.

Les réformes menées et celles encore envisagées doivent construire la crédibilité dont l’institution a besoin pour se faire entendre des autorités de tutelle dans un contexte de profonde mutation du paysage des jeux en France. Mais ce n’est pas d’un changement de statut du PMU dont a besoin notre Institution, car une SA ne garantirait pas à court ou moyen terme un reversement intégral du résultat net à la filière, mais d’une réforme de notre gouvernance et d’un pôle de pilotage commun de nos deux Sociétés mères distinctes.

Ce changement de gouvernance et d’organisation doit être mis en place et mené rapidement avec France Galop et le PMU pour créer une capacité de décision rapide et accroitre l’efficacité de l’Institution. A cet égard, le projet institutionnel proposé par Le TROT, prévoit de créer un GIE opérationnel intégrant le pilotage de l’offre et le marketing des courses et des paris, de préserver la singularité de chaque Société mère, de mutualiser les fonctions supports et de regrouper les pôles transverses sous un même toit avec le PMU.

A ce titre, des synergies sont encore à trouver entre le Trot, le Galop et le PMU, avec une mise en commun de moyens la plus large possible car nos trois structures ne se sauveront pas l’une sans l’autre. La cohésion des équipes, encore trop de façade, est à améliorer tant la marge de manœuvre me semble importante.

La culture du résultat au sein des Sociétés mères et du PMU, doit devenir une priorité de tous les instants. Au-delà des impératives réductions de coûts, tout investissement doit être mesuré à l’aulne de la marge obtenue, de son utilité, de sa profitabilité à moyen et long terme. Nous avons l’obligation de gérer au plus près avec la plus grande rigueur.

C'est dans l'unité et la solidarité des acteurs du Trot et du Galop que nous obtiendrons un soutien fort de l’État aux réformes entreprises dans un partenariat renouvelé par un nouveau contrat de filière.

Mais 2019 doit aussi poser les termes d’une réflexion globale sur le rôle de notre Société mère et de son économie au travers du nombre de courses organisées, des principes de sélection des chevaux dans le circuit courses, du cheptel élevage des courses au trot.


Cette réflexion conduite en concertation avec les associations et les syndicats doit permettre de donner aux propriétaires, aux entraineurs et aux éleveurs une visibilité sur les années à venir. Toutes les forces vives du Trot doivent ainsi pleinement se mobiliser pour créer les conditions d’un nouveau modèle de croissance.

Enfin, tous nos projets de rebond et de développement doivent s’appuyer plus encore et mieux sur les régions, sur ces hippodromes de province qui forment, avec l’engagement des bénévoles des Sociétés de courses un véritable socle de développement pour les propriétaires, les éleveurs et le public.

Quant à nous, nous devons continuer d’exercer notre pression pour que les Propriétaires soient reconnus et considérés à leur juste valeur. Plus notre association sera forte, mieux les propriétaires seront écoutés. Votre adhésion au SNPT marquera votre attachement et votre soutien à nos actions.

Vive le Trot.
Vive les courses.



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